Qu’est-ce que l’hortithérapie  ?

•Si on adopte la définition de l’American Horticultural Therapy Association (AHTA) : «  l’hortithérapie consiste à utiliser les plantes et le végétal comme médiation thérapeutique sous la direction d’un professionnel formé à cette pratique pour atteindre des objectifs précis adaptés aux besoins du participant  »….

•Aux Etats-Unis, le «  père de la psychiatrie américaine  », Benjamin Rush, remarque dès le 19e siècle les effets positifs du travail au jardin pour les «  aliénés  » et l’hortithérapie s’yenseigne à l’université à partir des années 1950.

« le jardin de l’asile d’Arles » Van Gogh 1889

•En France, on est plus frileux pour utiliser ce terme, faute pour l’instant de formations certifiantes et de reconnaissance de cette approche. Dans son livre «  Jardins thérapeutiques et hortithérapie  » (Dunod, 2017), Jérôme Pellissier propose de parler d’hortithérapies au pluriel pour reconnaître la variété des approches nourries de pratiques venues de champs différents.

•Désireux de donner une définition simple de l’hortithérapie, il propose celle-ci  :

«  L’utilisation, s’inscrivant dans la durée, du jardin, du jardinage et des relations avec la nature, en vue d’améliorer son état (pourrait-on dire son être-à-soi, son être-aux-autres, son être-au-monde  ?) et sa santé (incluant donc les dimensions bien-être, équilibre, capacité à prendre-soin de soi,…) avec l’aide d’un ou de plusieurs professionnels qualifiés (ayant donc les connaissances et la capacité pour).  »

Un jardin à but  ou à visée thérapeutique (jàbt) est donc un espace extérieur végétalisé au sein d’une unité de soin quelle qu’elle soit (ehpad, unité protégée, accueil enfants en déficience de tout type, pôle psychiatrique …) accueillant plus ou moins longtemps des personnes en fragilité psychique et/ ou physique et/ou mentale. Outre le critère incontournable de l’accessibilité pour les fauteuils, les âges ou le déficit d’un ou de plusieurs sens , cet espace est  dédié au départ à la contemplation invitant l’attention à ne pas être volontaire, portée sur tel ou tel objet composant le jardin. . Le but avoué est d’y trouver un apaisement, une détente naturelle du corps et de l’esprit. Le mieux-être s’installe, on y est bien sans expliquer pourquoi explicitement -on le pourrait mais on ne cherche pas à justifier .Ainsi, la mise en scène du végétal ne cherche pas à créer un effet volontaire en lui-même (esthétique travaillée particulièrement par exemple), mais l’ordonnancement est fait pour que l’on s’y assoit,  seul ou à plusieurs , que la vue puisse se poser ici ou là, avec des recoins possibles, toujours visibles des bâtiments, que l’on puisse y jouer , y faire quelque activité seul ou collective -le lien social y est recheché, mais sans contrainte . Et activité privilégiée dans un tel espace, le jardinage selon son degré de validité, du ramassage des feuilles au désherbage , de la hauteur du sol à 90 cm de hauteur où l’on va semer, repiquer , soigner ,arroser une plante que l’on voit croître, cueillir les framboises, farises, groseilles, le spommes et autres fruits de saveur suivant les régions. Le soigné prend soin et il se soigne aussi ! Le jàbt l’est pare qu’il offre une atmosphère où le végétal, choisi suivant des critères de non-dangerosité suivant la fragilité visée, devient le partenaire heureux des résidents/patients dont il devient décor mais, bien plus encore, objet de médiation où l’imagination et l’expérience des sens entrent en danse, en éveil selon  ce que la personne peut ressentir. L’expérience de nature que nous avons tous  a des vertus de bienfaisance particulièrement sensibles pour la personne diminuée dans ses capacités , consciemment ou non.

On peut ajouter à  cette médiation les petits animaux domestiqués ou non , comme la microfaune s’invitant dans le jardin, les oiseaux, les écureuils, les insectes butineurs . Cette médiation -là  est complémentaire et nécessaire.

Le jàbt n’est pas une option: Il participe directement au soin, au prendre-soin (de la personne) , tout autant pour les soignats-aidants, les familles, les visiteurs…et le personnel de l’établissement ! Si l’écueil souvent constaté est le manque de moyens financiers de l’établissement, particulièrement dans un contexte diffficile ces temps-ci , les appels à projets aboutissent très souvent pour l’élaboration d’un tel jardin. Nombre de structures fiancières sont prêtes à donner leur écot: ARS évidemment, mutuelles, CCAS, Banques locales, Entreprises du secteur professionnel et local, fondation selon sa spécialité etc etc ! La seule question à poser nettement : A-t’on envie de le faire et qui va s’y motiver ? Car c’est là oeuvre bienfaitrice mais PERENNE !  Alors hardis! Je peux vous aider à mener le projet qui est en conception participative avec vous  ! Allez, on y va?

Philippe Walch