Le mot thérapie, dès que l’on entre dans le domaine de la fragilité humaine dans tous ses registres, rassure derechef. Comme de tout, il faudrait toutefois préciser en quoi la chose en est une .Ici, il va s’agir de l’horti-thérapie, qu’on pourrait définir comme le soin au contact du jardin, de la nature domestiquée en un lieu précis, de la plante comme objet de médiation vivante et inscrite dans une réalité ancrée,en ehpad ou partout où l’on reçoit des personnes pour un ou du soin , de courte ou longue durée. L’ehpad a ceci de plus qu’il est un lieu de vie où l’on dispense du soin et non une plateforme technique où l’on pratique un soin, comme dans un service hospitalier orthopédique; ce que le jardin n’exclut pas par ailleurs.

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La thérapie au jardin procède d’une authentique volonté de faire du bien aux plus fragiles, enfants, ados, adultes, PMR ou non, psychiquement atteints , en burn-out ou simplement en court séjour de réparation du corps. Les études scientifiques ,qui nous viennent forcément d’ailleurs en cette matière à nous, Français à l’esprit cartésien et assez mécaniste -USA , Scandinavie, Japon…trop sceptiques que nous sommes en France pour oser croire que ce qui n’est pas mécano-chimique puisse impacter le vivant, démontrent en absolu les bienfaits que la plante, le semis, un arbre , une ambiance végétale étudiée pour les pathologies ciblées diffusent ou génèrent sur les précurseurs de nos hormones de plaisir, notre défense lymphocitaire, la réponse à l’attraction innée du vivant (biophilie, phyto-résonance), jusqu’à…l’estime de soi et la valorisation des capacités restantes avec la pratique de gestes horticoles.Tout cela participe à la joie gratuite de l’instant car nous sommes des êtres de l’ici-et-maintenant !

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Alors oui, le jardin est une thérapie , et non un petit plus pour faire joli ! C’est m^me un ensemble de thérapies.On aura de cesse de clamer que les établissements de soin de toute nature – Le jeu de mot est involontaire mais fleure bon- qui osent le jardin s’en félicitent, car il y en a un peu : La sortie ,même l’hiver quand c’est possible, la fête , l’entretien avec les résidents/patients, l’expérimentation sensorielle – un atelier senteur à l’aveugle qui ravit tout un chacun avec effet garanti…tant de possibles que jeunes et moins jeunes réclament ! C’est qu’alors il faut décider que le jardin entre dans le projet de soin et que, par voie de conséquence, il entre dans le temps du soin .

Aucun besoin d’être des experts jardiniers pour ce faire : L’envie d’y aller, de regarder, de déambuler, de s’y asseoir, d’y faire d’autres ateliers comme le sport (même en fauteuil), l’écoute musicale ou la chorale,l’atelier mémoire, et tous les ateliers liés à l’exercice des sens que le jardin offre naturellement, pourvu qu’il soit aménagé en ce sens avec toutes les spécificités qui incombent à un tel espace au niveau sécuritaire et paysager

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Des jardins à but thérapeutique naissent ici et là avec la volonté professionnelle de prendre au sérieux l’apport du jardin pour les fragilisés de la vie que sont les résidents/patients, tous âges confondus.La non moins sérieuse Fédération Française Jardin Nature Santé a vu le jour en 2018, forte des compétences de soignants et de paysagistes s’associant autour de cette thématique du soin par le jardin, qu’il soit de nature physique et/ou psychique.De plus, on constate en effet collatéral -bel et bien recherché dès la genèse de tels projets, un engouement durable des personnels soignants et administratifs pour ces réalisations. Et personne ne s’en plaint, jusqu’aux directions pouvant y voir là un management ouvert à la remotivation . Nous parlons ici de thérapies pour les plus fragiles. Car l’on sait depuis 40 ans outre-atlantique que faire entrer jusqu’à 30% de végétal dans les bureaux permet une meilleure productivité avec plus de satisfaction personnelle.

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En conclusion, zoom sur la théorie de la vue par la fenêtre de Roger Ulrich, architecte environnementaliste suédois ,qui en 1984 édicte à partir de 9 années d’expérimentation dans un service d’urologie d’un hôpital -ç’aurait pu en être un autre- que 25% des milliers de malades y étant passés et qui avaient la vue sur le parc par leur fenêtre contrairement à ceux qui ne l’avaient pas,pouvaient repartir chez eux 3 jours avant les autres pour les mêmes pathologies. Ils appelaient moins les services de soin, prenaient moins d’analgésiques et…souffraient moins.Quelle formidable coïncidence ! Je ne suis pas issu du monde médical… mais est-ce pour cela que ça me parle ?

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