Santé

Les jardins à vie

Paysagiste Jardin Thérapeutique

Enfin un livre accessible à tous, soignants, aidants, curieux sur les jardins à but thérapeutique. Une mine d’informations, des critères pour réussir ces jardins en unités de soin ou chez soi, des exemples, un cahier pratique aidant au bon choix des végétaux. Plus de 60 photos, 128 pages. Un livre essentiel sur ces jardins.

Qui suis-je ?

Quelques lignes me concernant

Philippe Walch

Paysagiste

Consultant en jardin de soin formé par France Criou-Pringuey, médecin et paysagiste en exercice. Mon expertise de 38 ans en concept et technique de jardin vient aujourd’hui servir le jardin de soin et thérapeutique, qui est l’anti-clés en main standard (EHPAD, Clinique, CHU, toute structure accueillant des personnes en situation de fragilité, de handicap psychique, corporel mental) .

« Le but premier d’un jardin thérapeutique est de concourir activement et rapidement à une baisse du stress, de l’anxiété qui habite les personnes en état de fragilité quelle qu’elle soit, physique, mentale, psychique…

Le jàbt se doit d’être un espace extérieur adapté à la pathologie qu’il se veut soulager: l’accessibilité y est de mise bien entendu (revêtement pour PMR, garde-corps éventuel, signalétique…), mais il doit pouvoir aussi être vu depuis des ouvertures et fenêtres.

Plus qu’un décor, c’est un lieu d’atmosphère heureuse où le végétal a une place de choix car c’est par lui que se fait cette médiation thérapeutique, au sens où le jardin va participer au processus de soins. En service hospitalier – de l’hémato-oncologie à la neurologie, de la maternité aux soins palliatifs, mais aussi en maison d’accueil pédiatrique (Troubles du comportement par exemple) au pôle psychiatrie, tous les états de vie et de fragilité sont concernés puisque le jardin sera adapté à l’âge et au moment de vie.

Le jardin recèle un langage universel lié aux processus ancrés  humains (Shepard), à la phytorésonance (Neuberger), à la biophilie qui l’attraction innée du vivant pour ce qui vit (E.O. Wilson).On parle d’écothrépie (voir onglet « littérature scientifique »)

Cette évidence a besoin de se révéler dans ces moments au jardin où s’expérimente la restauration de l’esprit et du corps; on reste assis un moment, on marche un peu, accompagné ou non suivant son état de validité on pose  son regard de manière non attentionnée ni intentionnelle. Et puis, que l’on soit en fauteuil , debout ou accompagné, on peut avec bonheur faire du jardinage, en pratiquant des gestes d’hortithérapie: désherber une jardinière ou un massif, semer en place ou en jardinière, planter une vivace, arroser (geste  soignant pour la plante soignée, cela participe à l’estime de soi et la satisfaction d’un geste beau et bon ! ), cueillir des petits fruits rouges ou ramasser des pommes de terre semées 4 mois avant…la liste n’est pas exhaustive.

L’hortithérapie est une thérapie de choix, en particulier si elle est suivie dans le temps, si une équipe s’implique, comprenant que ce mot de thérapie n’est pas, ne peut pas constituer un abus de langage. Cela a été testé, évalué,prouvé , et très sérieusement et méthodologiquement (« voir littérature scientifique »). Et c’est bien normal car qui peut dénier que nous sommes des êtres venant de la nature?

L’homme moderne vivant dans le tertiaire, l’industrie manufacturée et le très récent numérique virtuel  …a moins de 200 ans contre une hérédité agricole de pécheurs-cueilleurs-chasseurs multimillénaire immergée dans une nature qui met à sa portée tout ce qu’il lui faut, y compris, et surtout  un environnement de plénitude, au moins dans son ressenti.

Paysages inspirants et restaurateurs

Venez-vous détendre en admirant de magnifiques paysages

Jardin à but thérapeutique

Plans et Projets

Pour créer l’un de ces jardins même à partir d’un existant comme une surface angulaire et plate d’un gazon sans réel attrait, il faut insister sur la conception participative que requiert un tel projet…

…De ce fait on doit constituer une équipe forte, soudée, consensuelle ayant des fonctions différentes dans l’unité de soins. Infirmier(e)s, cadres de santé, médecin coordinateur, psychomotricien, ergothérapeute, aide-soignant, mais aussi des personnes en charge du nettoyage, et bien entendu un représentant de la direction et du personnel technique. Tous les aspects rapportés au jardin et à son animation sont concernés. Je dois assurer que le projet doit être porté par une équipe et non une seule personne. L’expérience prouve –et c’est bien compréhensible- qu’un tel projet ne tient pas s’il n’est pas porté à plusieurs, ce d’autant qu’il doit vivre dans le temps !

Une première réunion aura lieu pour constituer ce Comité de pilotage-Copil en langage administratif, le noyau fort, qui veut bien s’engager dans le projet afin de bien cibler les objectifs du jardin et insister d’ores et déjà sur la pérennité du jardin et de sa pratique. J’ai le témoignage de plusieurs directions craignant que le premier enthousiasme ne retombe vite. Ce n’est pas un subterfuge de direction mais bien une réalité constatée dans les projets innovants. Combien de maisons de soin ont mis en place des enclos avec petits animaux (lapins notamment) ou un bassin avec poissons qui ont emballé chacun …pour être ignorés deux mois plus tard ! 

Entre-temps, qui nourrit les animaux, qui nettoie l’enclos ? Et le personnel technique de râler justement avec cette nouvelle charge de travail sans effet de soin ! Après cette première réunion, il est bon de faire circuler un questionnaire à tous les intervenants, les malades et les familles, ciblant les objectifs d’un tel espace. On y cherche le type de soin en place, les desiderata forts, les possibles ateliers, la disponibilité des aidants, éventuellement l’engagement que cela exige ; car encore une fois, il faut insister sur la pérennité. Le jardin de soin est un projet de développement durable à n’en pas douter. Qu’en sera-t-il dans un an, dans trois ans ? Le personnel technique va très vite poser la question de l’entretien du jardin qui viendra s’ajouter à une charge déjà lourde… Et il a raison, ce personnel, de poser cette question. Les réponses doivent être évoquées avec la direction de l’établissement qui peut externalisé l’entretien par une sous-traitance ou un partenariat avec une école horticole par exemple. Encore faut-il qu’un plan de maintenance du jardin soit établi ; c’est là le rôle du paysagiste que de l’écrire avec les points forts, de manière très concrète. Je vais parfois jusqu’à faire un détail précis des plants du projet, photos à l’appui. Les solutions existent de toute façon ; il faut juste vouloir y répondre.

Le rôle du questionnaire est de « prendre  la température », de cibler les attentes fortes, de susciter les envies et éventuellement détecter les freins : Soignants concernés, personnel de l’unité, familles, aidants et bien entendu quand cela est possible, les patients. Cela peut prendre d’un à trois mois maximum, afin que l’affaire soit traitée correctement sans tomber dans l’oubli. Ce type de document est à l’initiative du paysagiste, comme il le fait habituellement dans les demandes préalables auprès du client avec le jardin classique, ce qui constitue un premier cahier des charges. Ici c’est à l’écoute attentive de ceux qui connaissent ce public particulier des patients/résidents : le personnel soignant. On est dans une démarche réellement participative.

Deux autres réunions auront lieu à un ou deux mois d’intervalle si possible. La motivation est le moteur du projet (étymologiquement, c’est la même racine que mouvement, motion, moteur). C’est elle qui doit mener à l’aboutissement et à la tenue à l’épreuve du temps .Une réunion doit faire remonter les réponses, et l’on traite par ordre de priorité les points forts, les points critiques, les attentes incontournables dont l’aspect sécuritaire n’est pas le dernier.

Dans les réponses au questionnaire, il est amusant de voir que les gens se prennent au jeu, au point de croquer des schémas de l’espace. C’est la preuve d’une vraie attente. Les familles questionnées se réfèrent souvent à des souvenirs de jardin d’antan dans les EHPAD. L’inconscient emmagasine des ambiances, des expériences sensorielles (la vue et l’olfaction venant très souvent en premier), des instants vécus en famille. Ce sont des moments fondateurs de la vie car ils restent quand on a oublié le reste ! On ne s’en rend vraiment compte que lorsque l’âge permet de revenir sur les impressions du passé, lorsque l’on n’est plus dans l’efficacité de la vie, dans la recherche éperdue de l’utilité. Je ne compte plus les personnes actives ayant eu un métier prenant, énergivore, chronophage, ne profitant pas des espaces verts de leur lieu de vie. Lorsque enfin elles peuvent s’arrêter ou que la vie les y oblige, le regard et le mode pensé changent. Ce regard qui enfin va se poser sur les scènes du jardin, de petites promenades dans le jardin, ce qui était impensable avant. Lorsque je suis témoin de cela, j’ai au moins la même satisfaction de constater que l’essentiel les rejoint. Non que leurs activités passées ne fussent sans importance mais cette quiétude qui les gagne est un gage d’humanité. J’insiste sur le fait qu’être au jardin tisse du lien, car ce temps, gratuit, permet de voir l’autre, ceux avec qui nous vivons, cet environnement plénier redonnant sens et conscience du corps, de l’esprit et de la présence de l’autre. Même en silence, la relation devient habitée. L’autre redevient réalité.

Lorsque enfin les desiderata du projet du jardin ont été identifiés, c’est au tour du paysagiste de plancher sur une ou des propositions détaillées par une ou des esquisses, voir un plan de masse qui définit les différentes surfaces du projet et leur destination. Ce travail est présenté à l’ensemble du comité de pilotage. C’est un moment crucial, très attendu par tous, où règnent en général une grande attention et un esprit de joie partagée. Les réactions spontanées sont à guetter par le paysagiste car elles expriment l’agrément et les objections. Ainsi en peu de temps se dessine au propre comme au figuré le plan détaillé de l’ensemble, avec les différentes zones  : le jardin de détente physique, les recoins plus intimes -mais qui doivent rester à portée des yeux par sécurité , les zones de jeu (pour les enfants et adolescents), les zones de repos où un relatif silence et une végétation apaisante sont de mise, la serre d’expérimentations horti-thérapeutiques pour le semis ,le repiquage , le bouturage de légumes, de plançons d’ornement… S’ensuivent éventuellement les plans techniques avec le plus attendu : le plan de plantations où le végétal s’invite largement avec la liste détaillée des strates diverses –ce qui rappelle le paysage idéal comme vu avec la savane : les rampantes (herbes, couvre-sol) et les vivaces plus hautes, les arbustes, les arbres.

Exemple de jàbt réalisé par nos soins

Un patio dalle béton requalifié en jardin devant un Pôle  Activités et soin Adapté (PASA ) unité Alzheimer à Hôpital de l’Isle sur Sorgue (84)

Plan -projet de masse proposé en fév 2018 et accepté

commencement...

Mise en oeuvre

Animation

Jàbt à Anse

Un autre jardin à but thérapeutique en quelques images...
semis 9 mars prairie fleurie
semis 9 mars prairie fleurie
Plan plantations et arrosage auto
Plan plantations et arrosage auto
plantation marée de romarins grand salon
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vue générale Est jardin mars20
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Est devant bâtiment
Est devant bâtiment

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